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Opinion Décalée

20 avril 2012

Les Jaunards étaient-ils hors de portée ?

 

 ASMSF14042012

 

Vainqueur la semaine précédente, à domicile face à Exeter (22-17), en Challenge européen, le Stade Français retrouvait le Top 14 avec un déplacement périlleux à Clermont.

Mais pourquoi ce déplacement était-il si délicat ?

D’une part, les parisiens ont perdu neuf de leurs dix matchs à l’extérieur cette saison et  Clermont restait sur quarante et une victoires d’affilées à domicile. D’autre part, les auvergnats revenaient en pleine confiance d’une très belle performance en Heineken Cup (Coupe d’Europe) contre les Saracens (3-22). Les stadistes ne partaient évidemment pas favoris et visaient le point de bonus défensif (7 pts d’écart) au Stade Marcel Michelin.

Ils possédaient tout de même un mince espoir car les Jaunards avait décidé de faire tourner leur effectif (pas moins de 14 joueurs). Mais cet espoir c’est vite envolé après quarante minutes de jeu.

 

Des intentions de jeu

Dès les premières minutes, les intentions parisiennes furent d’envoyer du jeu et de mettre du rythme dans la partie, ils voulaient réaliser un coup en terre auvergnate. Cependant les clermontois se créèrent la première occasion du match grâce à Nakaitaci (8e), mais il oubliait son soutien à l’extérieur. Les Dieux du Stade ne tardaient pas à répliquer avec un beau mouvement collectif mais Papé laissa échapper le ballon (11e). Ce sont les Jaunards qui ouvraient le score par l’intermédiaire de Brock James (5e, 3-0) qui par la suite aggrava le score (20e, 6-0). Les auvergnats commençaient à être plus percutants en attaque à chaque possession, et Nakaitaci, encore lui, s’engouffra dans une brèche qui profita, cinquante mètres plus loin, à Cabello qui inscrit le premier essai sur l’aile (25e, 13-0). Les stadistes recollait au score par une pénalité de Dupuy (28e, 13-3). Malgré de l’envie et les intentions du Stade Français d’imposer un rythme soutenu en fin de première période. L’ASM (Association Sportive Montferrandaise) repartait avec dix points d’avance à la pause (13-3).

 

Brock James en pleine forme

La pluie s’invita dès le début de la seconde période au Stade Marcel Michelin, cela n’a pour autant par refroidi les parisiens, qui continuaient à avoir la main sur le ballon et réduisaient la marque (44e, 13-6). Les clermontois, eux, répondaient par du jeu au pied. Dans cet exercice, en ce moment, un joueur excelle : Brock James. L’ouvreur australien claquait un drop sur la première attaque montferrandaise de la seconde période (51e, 16-6). Ensuite, il faisait reculer l’équipe parisienne grâce à son jeu au pied d’une grande précision. Malgré cela, Dupuy remettait le Stade Français dans la partie (56e, 16-9).

Alors que l’on avait peu vu les avants clermontois, progressivement ils commencèrent à dominer nettement le pack parisien en conquête (touches, mêlées) grâce notamment aux entrées des remplaçants en première ligne (Faure, Ti’i Paulo et Zirakashvili). Cela fatiguait les parisiens, qui commettaient de plus en plus de fautes, à l’image de Contepomi ou Parisse qui n’avaient plus d’inspiration et semblaient usés. Pendant ce temps, James profitait de trois nouvelles pénalités pour mettre son équipe hors d’atteinte en ajoutant neuf points (70e, 75e, 80e, 25-9). Les espoirs d’une victoire parisienne ou d’un point de bonus défensif furent anéantis.

 

Homme du match : Brock James (Clermont)

 

Clermont a très bien maîtrisé le match en ayant une avance confortable à la pause. Avec cette rencontre, elle a démontré à ses adversaires qu’elle possède trente joueurs de niveau international, qui maintiennent un rythme et un jeu digne d’une grande équipe européenne. Qualifiés pour les demi-finales du Top14 et de la Heineken Cup, les auvergnats sont capable cette année de réaliser le doublé, ce qui serait une première pour un club français.

Même si Cotter (l’entraîneur de l’ASM) n’y pense pas : " Cette profondeur d’effectif nous permet de rééquilibrer les temps de jeu, et de gérer les organismes. Mais de là à évoquer un doublé, il y a un monde…"

 

Le Stade Français a tenté dès les premières minutes d’imposer un rythme et de mettre du volume dans le jeu. Cependant, les clermontois ont bien contenu les nombreuses attaques parisiennes. Dès lors, les parisiens se sont épuisés sur la défense clermontoise.

Pour la fin du championnat et une éventuelle qualification pour les barrages, l’équation est simple pour les stadistes : remporter leur trois derniers matchs. Michael Cheika (l’entraîneur du Stade Français) reste optimiste : "Oui. On peut encore se qualifier. Mais, certainement pas en jouant comme aujourd’hui. Il nous faudra être bien plus précis. La donne est simple. Il faut tout gagner. Le derby, c’est évident, mais aussi contre Perpignan et à Biarritz. Avec le bonus si possible".

Les parisiens savent que pour exister en Top14 dans le futur il leur faudra une profondeur de banc avec un effectif bien plus riche pour se permettre de faire tourner. Mais Pierre Rabadan explique que ce n’est pas à lui "qu’il faut poser la question. Il faut se rappeler qu’on sort d’une saison agitée, avec de gros problèmes financiers. Comment peut-on se lancer dans un grand recrutement pour construire un effectif très large ? "

La question mérite d’être posée, d’abord retrouver de la sérénité, ensuite construire des victoires basées sur un recrutement ciblé et la formation des jeunes, est-ce la formule magique ? L’avenir nous le dira.

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6 avril 2012

Ces chefs indiens d'Exeter étaient tenaces

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Défait la semaine dernière de peu par Toulouse (18-22) en Top 14, le Stade Français avait à cœur, hier soir, de relever la tête en quart de finale du Challenge Européen face aux Chiefs d’Exeter. Cette rencontre s’annonçait comme un match piège.

En effet, les anglais 5e de leur championnat, possédant 8 victoires sur leurs 10 derniers matchs, avaient des atouts pour battre les parisiens dans leur antre de Charléty. Notamment un artilleur nommé Mieres (demi d’ouverture de profession) qui accumulait 256 pts depuis le début de saison, auquel il fallait ajouter des avants roublards et conquérants

Mais les stadistes ont su être patients face à des Chiefs très tenaces, pour décrocher la victoire dans les dernières minutes (22-17) synonyme de qualification pour les demi-finales.

 

Un jeu britannique :

La première mi-temps du match fut assez pauvre en terme de jeu avec des fautes de mains à répétition, des passes hasardeuses et des lancements de jeu très approximatif. A ce petit jeu là, les britanniques savent y faire. Le Stade Français étant contre le vent, ils en ont profité pour mettre régulièrement les parisiens à la faute et les provoquer.

Ainsi, à la 21e minute Contepomi a souhaité se faire justice lui-même après un plaquage haut irrégulier. Cela lui a valu un carton jaune et dix minutes pour s’aérer l’esprit au bord du terrain. Toutes ces fautes et ces imprécisions accumulées ont permis aux anglais de prendre l’avantage à la pause (6-9) grâce à la botte de leur ouvreur Mieres.


Le déclic de Julien Dupuy:

Dès le début de la seconde période Julien Dupuy accélérait le jeu et toute l’équipe du Stade Français suivait derrière lui. Contepomi a donc pu ajusté un coup de pied à suivre pour Camara qui allait à l’essai (après arbitrage vidéo) Paris reprenait l’avantage (11-9).

Cependant, au milieu de cette période, les anglais reprenaient le dessus en occupant le camp adverse, et l’ailier fijien, Sireli Naqelevuki semait la panique dans la défense stadiste à plusieurs reprises avant d’aller aplatir un essai (68e). Les Chiefs recollait au score (17-17).

Alors que l’on semblait se diriger inexorablement vers les prolongations, à une minute de la fin Julien Dupuy, inspiré, trouva une brèche dans la défense d’Exeter. En prenant quatre joueurs d’Exeter à défaut, il transmit le ballon à Williams qui allait en terre promise et scellait définitivement le score (22-17).

Les anglais d’Exeter n’ont pas démérité loin de là. Ils auront fait douter les parisiens dans de nombreux secteurs du jeu et jusqu’à la fin du match. Mais l’expérience, sur ce match, a fait la différence avec notamment Julien Dupuy (passé par le Biarritz Olympique et les Leicester Tigers) qui a su gérer la rencontre avant son coup de génie à la fin.

 

Peut-on remercier Philippe Saint-André qui déclarait il y a un mois : "Julien Dupuy jouait avec le masque à oxygène". Peut-être, en tous les cas il semble que le message est compris. Il souhaite dès à présent continuer à faire de bonnes prestations en club pour retrouver prochainement le XV de France et ainsi montrer que l’on peut compter sur lui.

C’est de bon augure pour la suite avec un déplacement difficile, la semaine prochaine, à Clermont.

 

Homme du match : Julien Dupuy

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